-SORORITÉ-

Ça sonne comme un mot tout rond.

C’est drôle les mots. Ils vous frôlent, vous accompagnent, vous assomment ou vous caressent. Certaines personnes affirment même qu’ils ont leurs énergies propres ! Parfois, il nous semble qu’ils flottent dans l’air en attendant d’être interceptés, rêvélés, puis manifestés dans la matière.
Faut-il avoir atteint un certain niveau de maturité pour les remarquer ou est-ce l’époque qui les porte? Tout à coup, on dirait qu’ils grossissent dans la conscience collective et deviennent indispensables.
Je l’avais entendu en passant… Il me semblait presque trop féministe pour que je le fasse mien. Un petit mot. Juste un petit mot. De ceux qu’on a vaguement entendu un jour mais dont la signification nous a échappé.

Je cherche sa définition et lis : “attitude, lien de solidarité féminine (basé sur le principe de la fraternité masculine).”[1]

Cela fait émerger des images dans ma tête ; je suis envahie par la douceur. ❤️
Ce mot a une résonance particulière à mon coeur.
En fait, cela fait longtemps que je m’emploie à le chercher et à le manifester dans ma vie.

Si je pouvais dessiner ce mot, chaque lettre aurait sa propre couleur. Il se parerait tantôt de rouge, jaune, ou vert pâle et serait chatoyant comme un début de printemps. Les lettres s’animeraient et danseraient toutes habillées; ce serait très joyeux.

Ce mot ronronne dans ma tête et se peletonne en boule comme un chat un après-midi pluvieux, quand il fait bon et chaud dans la pièce et que l’ambiance est apaisée.

SO-RO-RI-TÉ, 4 petites syllables tout en équilibre qui trouvent une résonance avec des mots tels que sagacité, habilité, féminité, bonté, enchanté, maternité, fraternité…

C’est un mot peu ordinaire et d’une force prodigieuse. Il nous parle d’un lien qui unit au delà de la parenté et de l’amitié, et qui relie toutes les femmes entre-elles. Dans un espace où nous ne faisons plus qu’un sans regard sur nos différences de peau, d’histoire de vie, de croyance, de religion, de culture. Il me dit qu’à travers l’autre, je me vois et que j’existe. Que se raconter n’est pas nécessaire pour se reconnaître. Un lien de femme à femme, de coeur à coeur.

Oui ! Voilà que depuis quelques temps, ce petit mot ne me quitte plus.
Il fait son travail et dépose son empreinte énergétique lumineuse. Il me parle et me demande de le faire vivre en moi, de m’en inspirer, de le faire grandir et de lui donner sa place : sa juste place.
Faut il que j’aie attendu 40 ans avant de comprendre le rôle essentiel qu’ensemble les femmes ont a joué pour faire évoluer notre société ?! Pour plus d’équilibre, pour accompagner le changement, pour la douceur, le courage, le sens des valeurs, la notion de partage…
Ou peut être que c’est le temps qu’il m’aura fallu personnellement pour m’adopter et m’affanchir de certaines conventions afin de regagner mon pouvoir intérieur.
Et c’est cela que la sororité a à accueillir :  ce féminin pluriel capable de faire bouger les montagnes ainsi que le pouvoir intérieur.

Je pense à toutes ces générations de femmes blessées, soumises, abimées, endolories, meurtries, chosifiées, réduites, exploitées, minimisées…dans leur corps, dans leur intégrité psychique et dans leurs coeurs.
Cela suffit!
La femme est belle. Elle est grande.
Loin de ce stéréotype de chat mouillé et de petite chose affaiblie auquel on voudrait nous associer.

Ce mot ne se manifeste pas à notre conscience et précisément à cette époque pour rien! Il nous dit que le temps est venu pour la femme de retrouver sa juste place au sein de ce monde. Une place qui n’est pas celle de l’homme mais de celles qui savent se relier au coeur, à l’intuition, au vivant, à la nature et qui possèdent une grande force.

[1] Dictionnaire français l’internaute

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